Dernière journée à AJA-Mali

3 Mar

Et oui, c’est déjà la fin. Je suis subjugué.

J’en suis encore à me demander pourquoi cette expérience a été si difficile. J’imagine que j’ai réussi à synthétiser ça dans mon rapport final, mais tout de même c’est encore mystérieux. Autant la dernière fois, j’avais vécu une expérience  exceptionnelle au Burkina Faso, autant ici au Mali, c’était pas mal compliqué. En tout cas j’ai beaucoup appris et je me console en me disant que malgré tout c’est une expérience de plus dans ma vie. Je suis fier d’avoir accompli ça justement parce que c’était difficile.

En plus, lorsque chaque jours, tu vis des situations lourdes au travail, ça reste dans ta tête le soir, ça puise l’énergie qu’il te reste et puis tu es moins porté à tenter une intégration culturelle.

Je me questionne à savoir si le problème se trouve au sein d’AJA, de la société malienne, de mon attitude ou de la coopération elle-même. C’est évident que j’ai eu de la difficulté à faire mon mandat et que l’atmosphère entre moi et la direction n’a pas été ce qu’on pourrait appeler de géniale. C’est difficile d’aller au travail chaque jour en esperant ne pas rencontrer son patron ou en espérant faire son travail mais que finalement il y a des imprévus pendant des semaines d’affilées. J’imagine qu’il ne faut pas baisser les bras et s’attacher à ce qui est possible de faire, mais il ne faut pas non plus tout accepter quand notre jugement nous dit: « woaw là! »

Je comprends que chaque société à sa particularité temporelle, mais j’espère sincèrement qu’AJA va travailler sur cet aspect de la gestion des volontaires. Je crois au projet d’AJA de soutient aux entrepreneurs, mais AJA doit définitivement apprendre de ses erreurs et accepter la critique.

Je crois que ma venue au Mali a permis de mettre à jour plusieurs lacunes à l’intérieur de l’association  et j’espère grandement qu’il y aura du changement dans l’avenir. Mais quel changement, c’est si difficile de changer  une structure qui se croit solide, c’est si difficile d’accepter la critique parfois, c’est si différent le Mali.

Il parait que plus l’expérience est difficile et plus tu apprends de ta façon de la gérer… C’est cool! J’avoue que j’aurais aimé changer plus de choses, mais on veut toujours changer plus de choses.

La coopération ce n’est pas seulement des coopérants qui viennent avec de l’argent, c’est un échange d’expériences, de mentalités et de visions, le financement ça devrait être comme un bonus et non le contraire. Il est évident que, si un coopérant ne peut pas faire son travail parce que la structure organisationnelle n’arrive pas à le supporter, et bien tout ce qui reste de tangible c’est les fonds, mais si le partenariat est efficace les fonds serviront à soutenir cette évolution.

Les deux derniers jours de mon  mandat, la direction d’AJA m’a fait comprendre qu’ils étaient content de mon travail magré nos différents, mais est-ce que c’est la vérité?…Est-ce qu’ils ont compris ce qu’ils recherchent?…  Le futur me le dira, en tout cas, j’ai vraiment fait mon possible pour faire mon mandat pour rendre passionnés et proactifs les gens concernés puisque j’avais besoin de leur soutient. Bonne continuité à AJA, mais surtout bon changement vers une association plus forte (plus forte ne veut pas dire plus riche).

Guillaume Keïta

Un article pour mon départ  sur leur site:

http://www.ajamali.org/node/100

Photos de ma fête de départ, le meilleur mouton grillé de l’année.

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2 Réponses to “Dernière journée à AJA-Mali”

  1. Jacques Ouimette 5 mars 2012 à 21 h 59 min #

    Salut Guillaume.

    J’ai eu le frisson à lire ton dernier texte. C’est fou ce que tu as pu grandir avec les années, et pas seulement physiquement.

    Je suis très fier de l’homme que tu es devenu. Que dis-je, du GRAND homme que tu es devenu.

    Je t’envoie un max d’énergies pour la suite des choses.

  2. Suzanne Bettez 4 mars 2012 à 17 h 48 min #

    Ami Guillaume, ceci pour toi de Rainer Maria Rilke : « …Soyez patients en face de tout ce qui n’est pas résolu dans votre coeur. Essayez d’aimer vos questions elles-mêmes… Ne cherchez pas… des réponses qui ne peuvent vous être apportées, parce que vous ne saurez pas… les vivre. Et il s’agit précisément de tout vivre. Ne vivez pour l’instant que vos questions. Peut-être simplement… finirez-vous par entrer insensiblement, un jour, dans les réponses. » Lettre à un jeune poète. Lettre no. 4.

    À bientôt. Suzanne.

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