Toubabou donne-moi l’argent (Djenné)

20 Jan

(suite de l’article précédant)

Aw ni tilé

Somogow be di?

Héré sira?

Ko bé di?

Né bora Djenné, Djénné ka di. Aw be taa flé, a gnenna. Djenné mogow be wari fe doron. Sisan mali kono toubabou te, bashi be.  Ala ka doni toubabou nana chaman, mogow be bara ké. Wari be aw bolo, kongo te an la, mali mogow konow ka fara la.

traduction:  Bonjour. Et la famille? Comment a été la nuit? Comment vont les activités? J’arrive de Djenné, Djenné c’est bien, vous allez voir, c’est joli. Les gens a Djenné aiment l’argent seulement.  Présentement au mali il n’y a pas de touristes, c’est un problème. Que Dieu fasse que bientôt beaucoup d’étrangers viennent, les gens vont travailler. Ils auront de l’argent et n’auront plus faim, les ventres des maliens seront remplis. 

C’est toujours bizarre lorsque des enfants viennent te voir et te demandent de l’argent. C’est encore plus étrange si tous les enfants que tu rencontres dans une ville le font. À Djenné c’était comme ça, à  Mopti aussi et même au pays Dogon.

Djenné c’est l’endroit où il y a la plus grande mosquée en terre au monde, c’est vraiment impressionnant, j’avais vraiment hâte d’y aller et en plus ma chance fut que le jour de ma visite était celui du marché hebdomadaire. En général, les touristes trouvent que les gens de Djenné sont agressifs, pour ma part j’ai trouvé que ce n’était pas si mal. J’ai aimé l’endroit.

Plus tôt à Mopti, j’ai rencontré une famille qui m’a hébergé et tous ça dans le but de me retirer des sous. Ceci est normal, mais j’en suis quand même resté désillusionné, parce que c’était comme un mauvais scénario. Un gars de Mopti, m’a même suivi jusqu’à Djenné pour continuer à faire de l’argent sur mon dos. Le genre de gars qui te ment et ne fait que parler de lui sans écouter (et en plus ce n’est pas intéressant ce qu’il raconte parce que c’est du pré-mâché pour les toubabs.) Il était là devant la pirogue et m’a dit:  » Ma femme est allée préparer le lit chez moi, tu vas venir à la maison. » Cependant, je ne lui faisais pas confiance et en plus j’avais encore de la rancune par rapport à ce qui s’était passé à Mopti. Je lui ai dit que j’avais réservé une chambre ailleurs, mais il a tenu à ce que j’aille voir chez lui pour le plaisir des yeux comme on dit. Je ne le sentais pas, après un certain temps j’ai demandé la route (on demande la route pour quitter les gens). Je ne sais pas pourquoi, mais j’avais l’impression que ce n’était pas chez lui réellement cet endroit. L’ambiance était quelconque.

J’avais raison de partir, j’ai appris plus tard que ce gars là n’était même pas de Djenné, je ne saurais jamais a qui appartenaient les deux pièces où il m’a emmené, en tout cas, une chose est certaine, ce n’était pas chez lui. Merci petit doigt!  Donc, ce jour là, j’ai pu marcher seul dans la ville de Djenné au milieu de toutes ces couleurs sur fond de mur en banco. C’était bien. Vous pouvez aller voir les photos en cliquant sur l’image que voici:

Pour continuer dans la thématique de l’argent, et bien je crois que c’est international de vouloir s’enrichir. C’est pas tous les gens évidemment, mais dans chaque culture, certaines personnes adorent regarder les gens riches se vautrer dans leur bonheur matériel. Ici au Mali, il y a des émissions de télé qui viennent, de l’Inde, du Brésil, de la Colombie et autres et les africains adorent ça.  Dans toutes ces émissions, les maisons sont géantes, les rues merveilleusement propres, les gens ressemblent à des caucasiens le plus possible et se tourmentent l’esprit à cause de tout ce qui est relié à l’amour et aux trahisons du cœur. Voici un exemple d’une situation fréquemment représentée dans ce genre d’émissions:  Une personne s’est fait trahir, elle disparaît et alors que tous les gens la croient morte, cette personne modifie sa coiffure ou sa barbe et revient pour se venger sans se faire reconnaître de personne jusqu’à la catastrophe. Après ça les africains pensent qu’ils sont les seuls pauvres au monde.

On peut dire que c’est culturel de trouver ça intéressant, c’est comme les Sumu qui sont des spectacles de griots pour des cérémonies de riches. Lors de ses cérémonies les griots chantent très fort des louanges dans des vieux micros et les gens leur donnent de l’argent sans compter. À Baguinéda j’ai une amie qui a écouté ça pendant deux jours sans arrêt sur sa télévision. Je ne pouvais pas croire ce que je voyais, des riches vêtus de bazin à 500 dollars donner de l’argent à d’autres riches (les griots) et tout ça dans un des pays les plus pauvres au monde. C’est culturel vous allez voir… les billets bleus valent environ 20 dollars et les verts, 10. Bonne découverte!

http://www.youtube.com/watch?v=750pcCe_ys4&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=nPXjoMaG5g4&feature=related

Après que la chaleur soit passé, je suis sortie, les oreilles en compotes et je me suis rendu à la mairie pour aller rencontrer une délégation de français. J’ai vu un des événements les plus étranges  » d’aide au développement » de ma carrière; deux français avaient fait venir des entrepreneurs des différents villages de la commune de Baguinéda pour les encourager dans leur projet. Il distribuait de l’argent comptant dans des petites enveloppes. Je n’ai jamais su le nom de l’association.

En fait, il appelait les entrepreneurs un par un devant tous les autres, ceux-ci leur exposait leur projet pendant environ 2 minutes, puis sans aucune preuve ou assurance, les français leur donnait une enveloppe avec 1000 dollars « cash » à l’intérieur. C’était complètement archaïque comme façon de faire. Il devait y avoir l’équivalent d’entre 15 000 et 30 000 $ canadien dans la salle  et aucune sécurité. Le représentant du maire disait en Bambara:  » Les blancs amènent de l’argent ». J’imagine les nouveaux riches s’acheter une moto le lendemain avec leur petite fortune. En tout cas ces toubabous là, ils n’ont pas trop contribué à l’image des toubabous au mali, pas étonnant que certains africains pensent que l’argent pousse dans les arbres chez nous… Vive le micro-crédit, il faut responsabiliser les gens.

Après ça, subjugué par le spectacle, une femme est venue vendre des faros, un plat à base de pâte de haricots cuit dans des feuilles. Elle transportait¸ça sur sa tête et ça m’a donné l’idée de faire de l’humour:  » Vous voyez moi aussi je peux faroter. » que je leur ai dit aux maliens. Mais il n’ont pas compris ma blague. Je vous explique:

1- Faroter ça veut dire distribuer de l’argent, comme les gens qui donnent aux griots dans la vidéo précédente sur youtube ou comme les français faisaient à la mairie.

2- Faroter ça veut aussi dire manger des faros.

3- Ma blague n’a pas marché parce qu’au Mali on dit pas des faros, mais des faris.

4- Au Burkina Faso (où on dit des faros), les gens se seraient probablement tordus de rire.

Ha ha ha!

Je vous laisse, c’est l’appel à la prière.

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