Mil et Baobab

6 Jan

Le pays Dogon, je comprends pourquoi c’est touristique et que tous les enfants  te demandent des bonbons, des bics (stylo), des cadeaux et de l’argent parce que c’est vraiment intéressant. Contrairement au reste de ce que j’ai vu du Mali qui est plat, le pays Dogon c’est comme un trou dans la terre. Au centre les gens font du maraîchage, principalement d’oignon et de la culture de mil et sur les côtés du trou il y a des villages en banco au milieu des roches et des baobabs. Avant l’arrivée des dogons, c’était les Telems qui vivaient à cet endroit, ils étaient très petits et faisaient des toutes petites maisons à même les parois rocheuses.

 Au pays Dogon, en tout cas dans le petit village de Tuogou ou je vivais, les gens se nourrissent essentiellement de mil et de baobab. C’est la base de leur alimentation. Le Baobab, arbre majestueux que les gens plantent eux-même et qui ainsi leur appartient, est utilisé à sa pleine capacité. Il y a le tô qui est une espèce de pâte faite de mil (ou de maïs au Burkina) qu’il mange avec la sauce de Baobab, une sauce un peu gluante. Je trouve que ça ressemble un peu à de la morve à coté d’un tas de vomis et que sa goûte la ferme, c’est pas pire.

 En fait quand un village entier mange la même chose, quand tu vas au trou du village, ça sent un peu la même chose que lorsque tu mange. C’est peut-être aussi à cause des crottes de chèvres sur le sol, des chèvres qui se nourrissent de mil, de feuille de baobab et de n’importe quoi d’autre. Il y a aussi le fait que des filles pilent du mil à côté des toilettes qui sont sous des baobabs donc c’est un peu psychologique le fait que tout soit relié dans ma tête et dans mes sens.

En plus de faire ce plat, dont quand même on s’habitue, les dogons font aussi de la bouillie servie dans une chaudière. La bouillie est fait de mil mélangé avec du pain de singe qui est le fruit du Baobab. C’est bon la bouillie, et j’en avais toujours à portée de la main. J’ai aussi bu du chapalot qui est de l’alcool traditionnelle à base de mil, qui normalement est servie dans une calebasse, mais là c’était dans un bidon d’eau de javel??? J’imagine que ça attire moins les mouches dans un bidon que dans une calebasse, comme ça, ça les empêche d’aller se noyer dans l’alcool. Le chapalot par contre ça me faisait dormir le midi quand il faisait chaud et que j’avais rien à dire à Oumar. Il m’ennuyait un peu Oumar pis je trouvais ça drôle qu’il porte des Rebook rose de fille.

Ce qui était vraiment bien au Pays Dogon en dehors du paysage et des gens qui étaient gentils après que tu ais passé l’étape du « Toubabou donnes-moi cadeau », c’était de marcher et en plus de monter ou descendre des côtes. Rien avoir avec Bamako.

Les habitants du pays Dogon sont très différents des autres maliens de par leurs habitudes de vie, ils avaient l’air vraiment plus actifs et il y avait bien plus de personnes âgées qu’à Bamako. Des vieilles qui montent des côtes avec un gros bol d’eau sur la tête ou des vieux messieurs aveugles ou sourds qui fabriquent des cordes avec de la fibre végétale ou qui chassent.

En plus de se nourrir du Baobab, ils utilisent l’écorce pour fabriquer des paniers, c’est ça qui leur donne leur petit côté particulier avec les plis horizontaux à ces baobabs. Celui-ci est même en train de se faire coloniser par les termites, le pauvre.  Donc, j’ai appris pas mal de chose au pays Dogon, même que j’ai une théorie qui a été remise en question. Jusqu’à ce jour, je me disais que dans les pays montagneux, les gens transportaient les trucs en ce mettant une « strap » dans le front pour plus d’équilibre comme au Népal et que dans les pays plat les gens se mettaient les trucs sur la tête. Et bien au pays Dogon, les femmes vont chercher de l’eau en gougoune avec un bol sur la tête en plein dans la pente et sur les roches.

Prochainement je vais publier plus de photos du pays Dogon parce que j’en ai en pagaille comme on dit. Et pour finir voici des salutations approximatives en langue Dogon:  » Séo – Séo – o – séo – niam séo- séo, – fulu séo – séo – o – séo- alpey – séo – séo – niam séo – séo – fulu séo – séo … C’est vraiment étrange. Surtout que séo ça veut dire ça va, mais à voir l’état de santé de certains enfants on se dit que ça va pas. mais ici on ne se plaint pas.

Mon blog à 4725 vues jusqu’à maintenant et c’est grâce à vous.

2 Réponses to “Mil et Baobab”

  1. Suzanne Bettez 7 janvier 2012 à 10 h 49 min #

    En te lisant ce matin Guillaume, je lève les yeux et je vois devant moi la  »boucane » au-dessus de la grande rivière Koksoak… y vait -30 à Kuujjuaq. C’est BEAU. J’t’écris ça les yeux encore embués par tes mots, tes photos, ta présence malienne si incarnée. MERCI.

  2. Audrey 6 janvier 2012 à 18 h 46 min #

    Tu sais touner l’anecdotique de manière à ce que nous pouvons, malgré le froid et la neige, nous imaginer et nous retrouver dans tes différentes découvertes.
    Avec tes articles, les différentes cultures que tu côtoies sont mises à profit et interprétées à leur juste valeur.
    Merci de partager ces richesses.

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