Travailler à Baguineda

12 Déc

Enfin de l’air frais!

Enfin je me sens utile parce que je travail pour vrai. Évidemment je sais que mon blog est lut par plusieurs personnes donc je ne dis pas tout et je mets ça un peu plus rose que ce l’est. Par exemple: Bamako est surtout une ville pleine de poussière orangée et non rose. Si vous avez des questions aux niveaux de mon mandat et que vous sentez que j’ai certains obstacles qui empêchent la pleine expression de mes sentiments parce que je suis professionnel, n’hésitez pas à me contacter.  Mais je suis quand même heureux et comme toujours j’aime l’Afrique de l’Ouest. Bien que je sois de Montréal, j’aime bien sortir des grandes villes comme Bamako pour aller dans les villages comme ceux qui sont dans la commune de Baguinéda. (32 villages en tout) Et surtout , je commençais à stresser pour le bon avancement de mon mandat. Je stress déjà un peu moins, parce que j’ai visité une quinzaine d’entrepreneurs et entrepreneures à Baguinéda pour faire la première étape de mon mandat qui est de créer des fiches de présentations comme celles-ci:

J’ai fait de la moto dans la brousse pendant tout ce temps et on a même eu une panne de bougie la première journée. Ici on voit Bafa qui pousse la moto alors qu’on est au plein milieu de nul-part. 

Bafa c’est le gars chez qui j’habitais, il s’est très bien occupé de moi et sa femme m’a préparé des bons petits plats. C’est comme ça ici, souvent les femmes restent à la maison pour préparer, c’est culturel. Parfois ça me dépasse et je ne peux pas m’imaginer que ce soit une existance, mais d’autres fois je mange et je remercie parce que je suis rassasié. Chez Bafa il y avait pleins d’animaux, vous pouvez les voir dans la galerie de photos en cliquant ici.

En fait, à Baguinéda, j’ai réalisé que je trouvais mon quotidien ennuyant à Bamako et que j’étais tanné de pousser pour faire bouger les choses dans mon milieu de travail. À Baguineda, le temps était favorable et avec Bafa on a très bien travaillé sans avoir à vivre des frustrations inutiles, avec lui je savais que j’allais effectuer toutes les visites d’entrepreneurs et que le travail allait être fait. Pour la première fois, j’avais confiance. Le soir, je revenais chez lui et je lisais un peu madame Bovary de Flaubert qui elle vivait une situation inversée mais qui me rappelait la mienne parce que je suis romantique; l’ennui de sa province, la médiocrité de son mariage et la platitude de savie. Moi en fait j’aime mieux la province que la capitale à ce qui me semble et ma copine, bien qu’elle soit loin, n’est rien de médiocre. Donc je vais citer Flaubert:

« Les bonheurs futurs,comme les rivages des tropiques, projettent sur l’immensité qui les précède leurs molesses natales, une brise parfumée, et l’on s’assoupit dans cet enivrement sans même s’inquiéter de l’horizon que l’on n’aperçoit pas.« 

Après ma lecture je m’endormais avec des acouphènes à cause du silence et je me réveillais au son du coq. Dès mon retour à Bamako j’ai fait un peu d’asthme et vécu des frustrations inexistantes à Baguinéda par rapport à mon milieu de travail, welcome home! Je vais donc continuer de m’adapter à la situation qui parfois me dépasse et terminer mon mandat dans le calme et la retenue. Mais tout ça me fait réfléchir à l’apport d’une culture envers l’autre et à la réticence partagée de la bonne réception de cet apport. ça c’est ce qu’on appelle des phrases compliquées pour lire entre les lignes, Flaubert là dessus dirait qu’il est fatigué.  Donc je vous laisse avec moi qui pile du mil. Si vous regarder les images l’une après l’autre, c’est comme une vidéo vous pouvez faire la même chose avec le combat de coq dans la galerie de photos.

Aussi j’ai vécu une image inoubliable, c’était une dispute avec des femmes maraîchère insatisfaites de leur financement au milieu d’un champ de riz, la lumière était très jolie et au milieu de tous ses cris, je remarquais la lumière changer sur le visage des gens. C’était l’heure rose, celle qui précède le coucher du soleil.

Je ne suis pas sur facebook, mais je ne boycott pas au point que vous ne pouvez pas me diffuser sur votre « wall ».

5 Réponses to “Travailler à Baguineda”

  1. jessika 15 décembre 2011 à 2 h 52 min #

    🙂 j’aime ton message .. c’est bien ce qui me manque de retour ici .. !!!

  2. Guillaume Internoscia 13 décembre 2011 à 6 h 37 min #

    C’est vrai ce que tu dis et j’en suis contient et je sais que je ne dois pas trop penser à la productivité dans mon travail et que l’Afrique à beaucoup à apprendre à notre société au niveau des relations. Mais si la coopération existe c’est pour que chacun apprenne de l’autre. Avec le temps j’ai commencé à me faire une petite idée de l’aide au développement et je crois que c’est très important que les deux cultures interagissent et apprennent de cette interaction, ça ne peut être à sans unique, que ce soit dans un sens ou dans l’autre.

  3. Jasmine Nadeau 12 décembre 2011 à 20 h 18 min #

    Bonjour Guillaume,
    heureuse de te lire et de te savoir en Afrique…tu vis des expériences inoubliables en ce moment, tu te questionnes et tu as raison. Le travail là-bas est si différent, mais Je me suis souvent demandé qui on était pour leur imposer ce que nous croyons leur être bénéfique. Et si c’était eux qui avaient eu raison tout ce temps… Ce que j’ai retiré de mes séjours en Tanzanie, ce que j’en garde aujourd’hui, c’est le temps qu’ils prenaient à me serrer la main, à me sourire, à s’intéresser à moi, comme si les relations humaines prenaient tout leur sens, ils mettent l’humain au centre et non pas leur performances ou leur possessions. Ils prennent le temps, celui qu’on oublie de prendre… Je suis très heureuse pour toi, laisse toi enivrer, parfois on ne saisi pas tout de suite l’étendu de la richesse qui nous est offert en voyage. Enjoy and relax, be happy… Je te souhaite le plus enrichissant des voyages… Avec toute mon amitié. Jasmine

  4. Carmelle Pilon 12 décembre 2011 à 19 h 10 min #

    Très intéressant ce blog. Merci à Carole de l’avoir mentionné sur Facebook !

  5. Carole 12 décembre 2011 à 16 h 54 min #

    Bonjour Guillaume,
    J’aime beaucoup la qualité de ton écriture, elle me fait voyager avec toi.

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