La tabaski

11 Nov

Attention coeurs sensibles ou végétariens, s’abstenir…

C’est parce que l’on n’est plus trop habitué de tuer les animaux que l’on mange, souvent on les trouve déjà en petits morceaux emballés dans du styromousse et ça nous rassure. Un jour les enfants occidentaux vont penser que les animaux que l’on mange naissent à l’épicerie, si c’est pas déjà le cas.

Le 6 novembre c’était la fête de la Tabaski, ou la fête du mouton.  Aussi appelée  l’Aïd al-Adha (en arabe: عيد الأضحى, « fête du sacrifice »), c’est la fête qui marque la fin du grand pèlerinage annuel à la Mecque. C’est une grande fête pour laquelle les gens se préparent longtemps à l’avance. De mon point de vue, je trouve ça un peu bizarre de voir à quel point les gens vont dépenser pour cette fête. J’ai un ami couturier qui a travaillé jour et nuit pour confectionner des bazins pour des gens qui en ont probablement déjà plusieurs. Il y a aussi les tapeurs de bazin qui étaient très occupés (ils mettent un amidon sur le tissus et ensuite il le tape avec du bois pour que sa brille.) ils tapaient jour et nuit la semaine précédent la tabaski.

Je ne parles pas d’acheter un mouton, car ça coûte très cher. En fait les gens qui peuvent se le permettre vont acheter un mouton et vont offrir de la viande à leur proche et aux familles dans le besoin. Il y a des familles pauvres qui mangent de la viande une seule fois par année et c’est ce jour-là. Tous les moutons qu’ils ont tué à la Mecque, ils envoient la viande dans les pays pauvres. C’est un des cinq piliers de l’Islam; l’aumône. De mon côté j’ai mangé du fois, du rein, du placenta et de la viande grillée  pour déjeuner, c’était tout un réveil. Le placenta ça m’a pas trop plu. Avant le déjeuner de morceaux de choix de mouton, mon ami Mohamed qui est un songhaï (http://fr.wikipedia.org/wiki/Sonrha%C3%AFs ),nous a montré à son neveu et moi, comment égorger, enlever la peau d’un mouton et le vider de ses entrailles. C’est très important pour lui, surtout parce qu’il est du nord, de transmettre ce savoir aux plus jeunes puisqu’ils deviendront chefs de famille un jour.

Le mouton est toujours égorgé sur le flan gauche  avec le museau pointant vers la Mecque. Le plus bizarre c’est quand il a commencé à souffler par le trou de sa jambe pour gonfler le mouton comme un ballon. On tapait sur son ventre et ça résonnait creux. Mais vraiment  après c’était plus facile d’enlever la peau. Il a fait griller le mouton d’un seul coup. C’est chacun sa technique les voisins eux, ils avaient attachés les moutons après un arbre pour les travailler.  Le trou avec le sang, c’est pour ensuite le recueillir, ce n’est pas bon de le laisser sur  le sol, ça attire les malheurs à ce qu’il parait.

Ensuite on est allé chez le cousin de Mohamed pour égorger son mouton, vu que j’étais devenu un pro. Mais on a eu la chance il a décidé de le garder pour le retour de sa femme qui est parti faire le pélerinage à la Mecque. On a eu la chance parce que vu que c’est un riche, son mouton était vraiment gros et aggressif. 

Ensuite je suis parti avec mes amis sénégalais Abdoul et Aïsata (les deux sapés sur la photo), chez El Hadj le couturier sénégalais et sa femme malienne Kadi. El hadj c’est le nom qu’on donne à quelqu’un qui est déjà aller à la Mecque où qui connait une personne proche qui y est allée.

Chez El hadj et Kadi on a mangé du mouton grillé en attendant le repas de mouton que voici et en regardant la lutte. Le préféré c’était John Cena, mais je comprends pas grand chose à la lutte, à moins qu’il n’ai rien à comprendre. Vous pouvez cliquer sur John Cena, j’ai fait de l’humour ici.

 

Chez El hadj il faisait chaud et puisqu’on avait mangé trop de viande on s’est tous endormis devant la lutte  (méchant party?!). La tabaski, les couturiers ils en profitent seulement au niveau du porte-monnaie parce que le jour même ils sont brûlés de fatigue.

Ensuite pour terminer la journée je suis retourné manger le mouton que j’avais préparé le matin même et ensuite j’ai mangé des vermicelles avec du mouton. J’étais donc rendu à 5 repas de moutons ce jour là. Il y avait le boutiquier qui voulait que j’aille manger du mouton à la sauce fakoï (plat songhaï; sauce noire au feuille et beurre de karité) chez lui après, mais je pouvais plus manger du mouton. Mes doigts ont senti toute la journée la jambe du mouton que je tenais le matin pendant qu’on le vidait.

Mais les fêtes c’est partout la même chose, il y a des gens qui se sentent seul parce qu’ils n’ont pas d’argent ou parce qu’ils sont loin de chez eux. De mon côté le lendemain tout était fermé et j’ai mangé du pain au beurre et du pain au sardine. Une chance, le soir,  mon boutiquier Amadou m’a donné un cou de mouton pour que je morde à grandes dents dedans. Le surlendemain il m’a donné de la viande de mouton dans du pain baguette, mais il avait pas enlevé les os et les nerfs…

Aw sambé sambé (bonne fête)

Ala ka san here cha ya.  (que l’année vous apporte beaucoup de bonheur.)

Ala ka amina ko nogo ya (ça c’est trop compliqué à traduire)

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5 Réponses to “La tabaski”

  1. Catherine Internoscia 15 novembre 2011 à 20 h 34 min #

    Salut Guillaume, très beau site! Agréable! Belles photos! WOW! J’aime bien lire tes textes 😀 Je n’ai pas encore finis mais je vais donner mais commentaires quand je vais avoir finis

    Catherine 😀

  2. Guillaume Internoscia 14 novembre 2011 à 17 h 05 min #

    Pour continuer dans ma lancée de manger des parties bizarres de mouton, aujourd’hui j’ai mangé de la soupe à la tête… C’était pas trop mal, mais comment dire… très étrange. Je sais pas ce qui étais le plus bizarre, le goût ou la texture. Je savais pas qu’un mouton pouvait avoir la chaire de poule. yeuh!

  3. Sylvie Lamy 12 novembre 2011 à 18 h 49 min #

    Salut Guillaume, très intéressant toute cette belle journée de fête ! J’aime lire ce quotidien commenté. Les photos, woawww! Tu fais vraiment partie de leur vie,chanceux!
    Et eux aussi sont chanceux de t’avoir, capable de les apprécier et de nous les faire connaître tel qu’ils sont… avec tes p’tits commentaires que j’aime bien.
    J’ai visionné tes deux vidéos… j’ai le goût de les regarder de nouveau. J’apprends à te connaître . J’aimerais beaucoup échanger avec toi à ton retour sur le contenu.
    Continue!( La mère de ta douce) Sylvie

  4. Guillaume Internoscia 11 novembre 2011 à 12 h 19 min #

    Salut Papa!

    Il est drôle ton commentaire sur le « tiers-monde », je savais pas qu’on disait encore ça. Je suis fait fort la seule personne qui a été malade c’est mon ami sénégalais Abdoul.

  5. Jacques Internoscia 11 novembre 2011 à 10 h 17 min #

    Salut Guillaume!
    Nous on a mangé du sushi hier, c’est assez différent…
    Quand ils dépècent le mouton, est-ce que les Sénégalais utilisent des couteaux de qualité et propre? C’est une mise en garde importante qu’on nous fait quand on voyage en Afrique et ailleurs dans le tiers-monde.
    Mangent-ils de l’agneau aussi ou est-ce vraiment le mouton qui fait partie de la tradition?
    J’ai tué un lièvre à la chasse la semaine dernière, je peux justye imaginer ce que ça doit être que de vider un mouton…
    Ala ka amina ko nogo ya ! Papa

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